Un double menton n’est pas toujours la conséquence d’une prise de poids. Beaucoup de personnes minces voient apparaître cette zone d’amas sous le menton et s’interrogent. Le profil change soudain, sur une photo ou en visioconférence, et l’on cherche à comprendre pourquoi. Le double menton peut avoir plusieurs origines qui se cumulent : accumulation graisseuse, anatomie, posture, ou encore relâchement du visage. Identifier la cause dominante permet de choisir la bonne solution, plutôt que de chercher la mauvaise réponse au mauvais problème.
La prise de poids et l’accumulation graisseuse sous-mentonnière
C’est la cause la plus fréquente. L’organisme stocke un excédent calorique dans différents dépôts adipeux selon des schémas en partie programmés génétiquement. La zone sous-mentonnière fait partie des sites de stockage privilégiés chez beaucoup de personnes.
Les cellules graisseuses, ou adipocytes, y augmentent en taille lorsque les apports excèdent les besoins. Une fois installé, le tissu adipeux ne fond pas uniformément lors d’une perte de poids. Le double menton fait souvent partie des zones qui résistent, parce que la mobilisation locale de la graisse dépend de facteurs hormonaux et de récepteurs propres à chaque zone. Même après une perte de poids importante, il peut persister, surtout si la peau a perdu en élasticité.
La génétique et l’anatomie du visage
Le double menton peut exister chez des personnes parfaitement minces, et cela tient à des spécificités anatomiques individuelles. La forme de la mandibule joue un rôle majeur : une mâchoire peu projetée vers l’avant donne visuellement l’impression d’un double menton, même en l’absence de graisse. La position de l’os hyoïde, situé à la base de la langue, influence également l’angle entre le menton et le cou. Placé plus bas que la moyenne, il crée un effet de cou court qui favorise l’apparence d’un double menton.
Enfin, certaines familles présentent une prédisposition aux accumulations adipeuses cervicales, sans lien avec le poids global. Quand plusieurs membres d’une même famille ont un double menton à poids normal, la composante génétique est probablement déterminante.
La posture et l’usage des écrans
C’est une cause récente, mais désormais bien identifiée. L’utilisation prolongée des smartphones et des ordinateurs en position fléchie porte un nom dans la littérature médicale : le tech neck, ou “cou technologique”.
Quand la tête se penche en avant pour regarder un écran, le menton se rapproche du cou. Cette position, répétée plusieurs heures par jour, modifie la tonicité du platysma, ce muscle plat qui s’étend du bas du visage à la clavicule. Le platysma perd en fermeté, la peau qui le recouvre se relâche, et les tissus mous s’affaissent dans cette zone faute d’être maintenus. Le phénomène s’observe de plus en plus tôt, dès la tranche d’âge 30-50 ans.
L’âge et le relâchement des tissus
Avec les années, la peau et les muscles du visage et du cou perdent de leur fermeté. La diminution du collagène et de l’élastine dermique fragilise la peau qui maintient moins bien les tissus sous-jacents. Le platysma, déjà sollicité par la posture, perd en tonicité. Les amas graisseux sous-mentonniers, même stables, se laissent davantage tirer vers le bas par la gravité.
Ce processus est généralement perceptible à partir de 40-45 ans. Une personne qui avait un cou bien dessiné peut voir l’ovale du visage s’estomper et un double menton apparaître par simple effet du temps sur les tissus.
Les solutions en médecine esthétique
Le choix du traitement dépend directement de la cause identifiée. Aucune technique ne traite efficacement toutes les causes simultanément.
La cryolipolyse, ou CoolSculpting, cible la graisse sous-mentonnière par application d’un froid contrôlé qui détruit les adipocytes. C’est la solution de référence quand la cause principale est un dépôt graisseux localisé.
La radiofréquence, elle, agit sur le relâchement cutané et la tonicité du derme : elle stimule la production de collagène et raffermit la zone traitée quand le vieillissement domine.
Les centres Beaujour proposent ces différentes solutions, avec une consultation préalable qui permet d’identifier la cause du double menton et de choisir la prise en charge adaptée, parfois en combinant plusieurs approches.